Un conditionnement dès la maternelle :comment les stéréotypes de genre persistent à l’école

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Article paru dans l’Est Républicain du 30/04/2026

Mercredi 29 avril à Lure, la communauté éducative de Haute-Saône a planché sur les représentations stéréotypées qui pèsent encore trop sur les parcours scolaires des élèves. Une matinée de travail ouverte par Geneviève Pezeu, consultante et formatrice pour la prise de conscience des inégalités entre les femmes et les hommes.

Mercredi 29 avril, au lycée Colomb de Lure, Geneviève Pezeu a expliqué comment les stéréotypes de genre,
façonnés par une société patriarcale, conduisent à des « préjugés construits collectivement » à l’origine de
discriminations. Photo Edwige Prompt

Des filles félicitées pour leur sérieux, leur application et même parce qu’elles sont souriantes.

Des garçons dont les enseignants louent la curiosité, les idées ou l’intuition. Les résultats de l’étude menée par des chercheuses de l’Institut des politiques publiques sur les bulletins scolaires d’élèves de terminales scientifiques sont édifiants. Les nettes différences d’appréciation mises en évidence découlent des stéréotypes de genre, ces idées préconçues assignant arbitrairement des rôles déterminés aux hommes et aux femmes.

Y compris à l’école. Cet exemple a été cité par Geneviève Pezeu, mercredi 29 avril au lycée Colomb de Lure. La consultante et formatrice pour la prise de conscience des inégalités entre les femmes et les hommes est intervenue en ouverture d’un séminaire organisé par la direction des services départementaux de l’Éducation nationale.

Le thème : « Lutter contre les stéréotypes de genre ».

L’historienne de formation a démontré comment les stéréotypes, façonnés par une société patriarcale, conduisent à des « préjugés construits collectivement » à l’origine de discriminations. Chefs d’établissement, inspecteurs, enseignants, formateurs : une bonne centaine de personnes ont participé à cette demi-journée. « L’égalité entre les filles et les garçons est une priorité nationale portée par le ministère », souligne Catherine Ridard. La directrice académique des services de l’Éducation nationale (Dasen) rappelle que les biais genrés influencent les parcours scolaires des élèves, en limitant les choix d’orientation ou d’enseignement des spécialités : « Il y a encore trop peu de filles qui se dirigent vers les maths ».

Le conditionnement démarre dès la petite section de maternelle. « Tout le monde y contribue, constate l’inspectrice d’académie. Même nous dans notre pédagogie, quand on donne plus la parole aux garçons en classe ».

La matinée de travail s’est poursuivie avec des ateliers animés par des personnels de l’Éducation nationale ou des partenaires ( Centre d’information sur les droits des femmes et des familles , Association Femmes Égalité Travail, Elles bougent et Les Francas).

Avant une table ronde autour des actions déjà mises en œuvre dans les établissements du département. « Pour que les élèves se saisissent aussi de ces enjeux, on a fait échanger sur le sujet plusieurs conseils de la vie collégienne », indique la Dasen. Depuis cette année scolaire, les écoles primaires ont également la possibilité de voir leurs initiatives en faveur de l’égalité reconnue par l’institution. Une dizaine d’entre elles a déjà déposé un dossier de labellisation.